Alizée Clavaud développe un travail pluridisciplinaire mêlant peinture, photographie, installation et poésie. Dans son travail, l'intimité explose et se confronte au monde et à la chaleur de l'extérieur. Les images se croisent et se superposent comme les étapes de chargement d'un serveur intérieur, électroniques, débordantes, saturées de mémoire.
Par le collage, le transfert photographique et le montage, elle transforme, cache, révèle et réinvente figures et visages. Elle crée des reliques. La poésie irrigue tout.
Son univers se construit entre deux eaux : celle, aquatique, de la mémoire et de l'enfance : piscines, bords de mer, étés qui reviennent en couleurs acides, et celle, électronique, d'un monde saturé d'images et de langage machine. Les figures peintes et photographiées flottent entre ces deux courants, jusqu'à ce qu'elles deviennent autre chose qu'un simple souvenir.
La poésie infuse ce travail depuis toujours, jusqu'à devenir un langage propre : celui de Chaos100, recueil né avant l'image, dont les mots « Juptur et Nepter » ont ensuite pris corps en peinture et en vidéo. Peindre, photographier, écrire : trois manières de dire la même chose : modifier le monde et nos images, recharger des fichiers ou se recharger en se baignant, jouer et se souvenir, sont peut-être une seule et même façon de résister.
© 2026 Alizée Clavaud — vidéo de fond : extrait de « La Piscine de Harmonie » (Cadmos et Harmonie, 2023), étalonnage orange.